Les Dieux Nordiques : Liste Complète du Panthéon d'Asgard
Les dieux nordiques forment deux familles : les Ases, Odin, Thor, Týr, Heimdall, dieux de la souveraineté et de la guerre, et les Vanes, Njörd, Freyr et Freyja, dieux de la fécondité et de la richesse, réunis à Asgard après une guerre et un échange d'otages. Snorri en compte douze autour d'Odin et quatorze déesses ; les Vikings, eux, portaient surtout le marteau de Thor. Voici la liste complète, avec les attributs, les demeures, le culte réel et le sort de chacun au Ragnarök.
📌 En bref
- Il n'existe pas de nombre officiel : Snorri Sturluson compte douze Ases autour d'Odin et quatorze déesses, mais les sources nomment une cinquantaine de figures divines, Vanes compris.
- Odin est le chef des dieux, mais Thor est le plus fort et le plus vénéré : Adam de Brême le place au centre du temple d'Uppsala et le dit « le plus puissant ».
- Les Ases (Odin, Thor, Týr, Heimdall, Baldr) sont les dieux de la souveraineté, de la guerre, du droit et de la magie ; les Vanes (Njörd, Freyr, Freyja) sont ceux de la fécondité, de la mer et de la richesse.
- Odin, appelé Alföðr, « Père de tout », est le chef des Ases : il siège sur le haut-siège Hliðskjálf d'où il voit tous les mondes, règne sur le Valhalla et décide de l'issue des batailles.
- Vidar, Váli, Modi et Magni survivent, et Baldr et Höd reviennent du royaume de Hel.
Sources : Panthéon de la mythologie nordique, Wikipédia · Ases · Vanes · Temple d'Uppsala · Blót · Edda de Snorri. Les strophes citées sont traduites par nos soins.
Qui sont les dieux nordiques ? Ases, Vanes et le sens du mot « Asgard »
Les dieux nordiques sont les divinités honorées par les peuples scandinaves avant leur conversion au christianisme, c'est-à-dire, pour la période qui nous intéresse, par les Vikings des VIIIe-XIe siècles. Les textes les appellent rarement « dieux » tout court : on lit goð, mais aussi regin, « les Puissances », bönd et höpt, « les Liens » et « les Entraves », comme si les dieux étaient d'abord ce qui tient le monde ensemble. Ils forment deux familles. Les Ases (Æsir, au singulier áss, au féminin Ásynjur) rassemblent Odin, Thor, Týr, Heimdall, Baldr et la plupart des noms connus : ce sont les dieux de la souveraineté, de la guerre, du droit et de la magie. Les Vanes (Vanir) sont trois dans les textes, Njörd, Freyr et Freyja : les dieux de la fécondité, de la mer, de la richesse et du plaisir. Une guerre les a opposés, une paix les a réunis, et depuis, les trois Vanes vivent à Asgard.
Asgard (Ásgarðr) signifie littéralement « l'enclos des Ases » : garðr, c'est la clôture, la cour fermée, le mot qui a donné le gård scandinave et le yard anglais. C'est le monde des dieux, l'un des neuf mondes que porte le frêne Yggdrasil, relié à Midgard, le monde des hommes, par le pont-arc-en-ciel Bifröst que garde Heimdall. Snorri Sturluson le place au ciel ; la Völuspá raconte que ses remparts furent détruits pendant la guerre des dieux, puis rebâtis par un géant maçon que Thor tua pour ne pas avoir à le payer. Asgard n'est donc pas un paradis abstrait mais une ferme fortifiée à l'échelle divine, avec ses halles, ses enclos, ses champs de jeu (Idavöll) et son tribunal, l'image agrandie d'une grande exploitation scandinave.
Combien sont-ils ? Snorri, dans la Gylfaginning, énumère douze Ases après Odin, « le plus haut et le plus ancien » : Thor, Baldr, Njörd, Freyr, Týr, Bragi, Heimdall, Höd, Vidar, Váli, Ull et Forseti, auxquels il ajoute Loki, « que certains appellent le calomniateur des Ases ». Il donne ensuite quatorze déesses, de Frigg à Gná, et précise que Sól et Bil sont « comptées aussi parmi les Asynes ». Mais ces listes sont un classement d'auteur : les poèmes plus anciens connaissent Hœnir, Mímir, Kvasir, Sif, Skadi, Idunn, Nanna, Jörd, Rindr, Sigyn, Hermod, Magni et Modi, et des dizaines de noms de valkyries. Selon ce que l'on compte, on arrive à une trentaine de figures majeures et à une cinquantaine de noms. Le panthéon nordique n'a jamais été fermé : c'est un ensemble ouvert, régional, où le dieu principal de l'un n'était pas celui de l'autre.
Une dernière précaution avant la liste. Presque tout ce que nous savons de ces dieux vient de deux livres islandais du XIIIe siècle, l'Edda de Snorri et le recueil de poèmes qu'on appelle l'Edda poétique, rédigés deux siècles après la conversion, par des lettrés chrétiens. Snorri lui-même prévient qu'il ne faut pas croire à ces dieux, et son prologue en fait des hommes venus de Troie. À côté, il y a les témoins de l'époque viking, moins bavards mais plus directs : les poèmes des scaldes, un chroniqueur allemand qui décrit le temple d'Uppsala, les amulettes en forme de marteau, les figurines, les noms de lieux, et quatre jours de la semaine. Nous les ferons parler à leur tour.
La liste complète des dieux d'Asgard
Le tableau ci-dessous réunit les vingt-quatre figures qu'un lecteur des Eddas rencontre, avec leur famille, leur domaine, leurs attributs, leur demeure et la source où chercher. Les déesses ont leur propre tableau plus bas, avec les quatorze Asynes de Snorri. Les noms sont donnés dans leur forme française courante ; la forme norroise figure entre parenthèses quand elle diffère.
Thor au centre, Odin en armes et Freyr : la triade du temple d'Uppsala décrite par Adam de Brême vers 1075.
Odin, le Père de tout
Odin (Óðinn) est le chef des Ases, et Snorri lui donne le titre d'Alföðr, « Père de tout ». Il règne sur la guerre, mais pas à la manière d'un soldat : il choisit les vainqueurs et les vaincus, recrute les morts au combat pour son Valhalla et les prépare au Ragnarök. Il règne surtout sur le savoir. Il a laissé un œil dans la source de Mímir pour y boire, il s'est pendu neuf nuits au frêne Yggdrasil, percé de sa propre lance, pour saisir les runes (Hávamál 138-139), et il a volé aux géants l'hydromel de poésie. Ses attributs le disent : la lance Gungnir qui ne manque jamais sa cible, l'anneau Draupnir qui goutte huit anneaux d'or toutes les neuf nuits, le cheval à huit jambes Sleipnir, les corbeaux Huginn et Muninn (« Pensée » et « Mémoire ») qui parcourent le monde chaque jour, les loups Geri et Freki à qui il donne sa viande, car lui ne vit que de vin. Depuis son haut-siège Hliðskjálf, il voit tous les mondes. C'est un dieu de rois, de chefs et de poètes, inquiétant, voyageur, borgne, aux deux cents noms, plus vénéré dans les cours que dans les fermes, et c'est lui que les berserkers invoquaient. Il mourra dans la gueule de Fenrir.
Thor, le protecteur de Midgard
Thor (Þórr, « Tonnerre ») est le fils d'Odin et de Jörd, la Terre, et le dieu le plus fort d'Asgard. Son rôle est simple et immense : tenir les géants à distance de Midgard et d'Asgard, marteau en main. Ce marteau, Mjöllnir, forgé par les nains Brokk et Eitri, revient toujours dans sa main ; il lui faut, pour le manier, la ceinture de force Megingjörð et des gants de fer. Il voyage dans un char tiré par deux boucs qu'il peut manger le soir et ressusciter le matin. Les poèmes le montrent pêchant le serpent-monde (Hymiskviða), déguisé en fiancée pour reprendre son marteau volé (Þrymskviða), défiant le géant Hrungnir en duel. Adam de Brême, vers 1075, le place au centre du temple d'Uppsala, entre Odin et Freyr, et le dit « le plus puissant » ; les Vikings lui donnaient leurs enfants (les prénoms en Þór- sont les plus fréquents de l'Islande médiévale), portaient son marteau au cou et lui demandaient de consacrer les tombes et les runes. Il est marié à Sif aux cheveux d'or et père de Magni, Modi et Þrúðr, « Force », « Courage » et « Vigueur ». Au Ragnarök, il tuera Jörmungand et mourra neuf pas plus loin.
Freyr et Njörd, les Vanes d'Asgard
Njörd est le père, un dieu de la mer et du vent qui apaise les tempêtes, accorde la pêche et la richesse, et dont la demeure Nóatún, « l'enclos des navires », est le port d'Asgard. Venu chez les Ases en otage à la fin de la guerre des dieux, il a dû épouser la géante Skadi, qui l'avait choisi à ses pieds, croyant choisir Baldr : le couple ne s'est jamais entendu, elle voulant la montagne et le hurlement des loups, lui la mer et le cri des mouettes. Freyr, son fils, « le Seigneur », est le dieu de la fécondité au sens le plus large : les récoltes, le beau temps, la paix, la prospérité et la royauté, puisque les rois de Suède, les Ynglingar, se disaient ses descendants. Il possède le sanglier aux soies d'or Gullinbursti, le navire Skíðblaðnir qui se plie comme un mouchoir, et il a donné son épée pour obtenir la géante Gerðr, ce qui le perdra au Ragnarök. Adam de Brême l'appelle Fricco et décrit sa statue d'Uppsala « avec un membre énorme » : la fécondité, sans métaphore. Sa sœur Freyja complète le trio ; nous lui consacrons la section des déesses.
Týr, le dieu à une main
Týr porte le plus vieux nom du panthéon : c'est le même mot que le latin deus et le grec Zeus, et il signifie simplement « dieu ». Les Romains l'ont identifié à Mars, ce qui lui vaut le mardi anglais (Tuesday, « jour de Tiw ») ; il fut sans doute, avant l'époque viking, bien plus important qu'il ne l'est dans les Eddas. On y retient surtout un épisode : quand les dieux enchaînent le loup Fenrir, le monstre exige qu'un dieu mette sa main dans sa gueule en gage, et seul Týr accepte. Le loup lié, il referme les mâchoires. Týr est donc le dieu du serment tenu à ses dépens, du droit, de l'assemblée (þing) et du courage, plus que de la guerre brutale. Sa rune, ᛏ, porte son nom ; le Sigrdrífumál conseille de la graver sur la poignée de l'épée pour vaincre. Au Ragnarök, il tuera le chien Garmr et mourra de ses morsures.
Heimdall, le gardien du pont
Heimdall veille à Himinbjörg, au bout de Bifröst, et n'a besoin de moins de sommeil qu'un oiseau. Il voit à cent lieues, la nuit comme le jour, entend l'herbe pousser et la laine croître sur le dos des moutons. Son cor Gjallarhorn s'entend dans tous les mondes : c'est lui qui sonnera le Ragnarök. Les textes lui donnent des origines uniques, « fils de neuf mères », probablement les neuf vagues, filles d'Ægir, et une dent d'or. Un poème à part, la Rígsþula, le montre parcourant Midgard sous le nom de Rígr et engendrant, dans trois maisons, les ancêtres des esclaves, des paysans et des nobles : Heimdall est aussi le père de l'ordre social. Il mourra en tuant Loki, son vieil ennemi, avec qui il s'était déjà battu sous forme de phoques pour le collier de Freyja.
Baldr, le dieu qu'on pleure
Baldr, fils d'Odin et de Frigg, est le plus beau des Ases, « si clair qu'une lumière émane de lui », le plus sage, le plus doux, et sa demeure Breiðablik n'admet rien d'impur. Il n'a pratiquement qu'un mythe, sa mort. Alarmée par ses rêves, Frigg fait jurer à toute chose de l'épargner, sauf au gui, trop jeune ; les dieux s'amusent alors à le viser ; Loki met une branche de gui dans la main de l'aveugle Höd, qui tue son frère. Hermod, sur Sleipnir, descend chez Hel obtenir son retour, à condition que toute chose le pleure ; une géante refuse, et c'est encore Loki. Baldr est brûlé sur son navire Hringhorni avec sa femme Nanna, morte de chagrin. Saxo Grammaticus raconte une tout autre histoire, où Balderus et Hotherus sont deux rois rivaux pour la main de Nanna. Dans les deux versions, Baldr revient après le Ragnarök : il est le dieu de l'après.
Loki, le dieu qui n'en est pas un
Loki est fils de deux géants, Fárbauti et Laufey, et n'est compté parmi les Ases que parce qu'Odin a mêlé son sang au sien (Lokasenna 9). Compagnon de voyage d'Odin et de Thor, il tire les dieux des ennuis qu'il a lui-même provoqués : c'est lui qui livre Idunn au géant Þjazi puis la ramène, lui qui coupe les cheveux de Sif puis fait forger par les nains Mjöllnir, Gungnir, Draupnir et Skíðblaðnir pour se racheter, lui qui, changé en jument, met au monde Sleipnir. Avec la géante Angrboða, il engendre les trois monstres du Ragnarök, Fenrir, Jörmungand et Hel. Le meurtre de Baldr fait basculer le personnage : les dieux l'enchaînent avec les boyaux de son fils, un serpent goutte son venin sur son visage, sa femme Sigyn tient une coupe pour le recueillir, et quand elle la vide, il se tord si fort que la terre tremble. Il en sortira pour mener contre Asgard le navire des morts.
Les fils d'Odin : Vidar, Váli, Höd, Bragi, Hermod
Vidar, « le dieu silencieux », est après Thor le plus fort des Ases ; il vit à Viði dans les broussailles et porte une chaussure épaisse, faite des chutes de cuir que les cordonniers jettent, avec laquelle il bloquera la mâchoire de Fenrir pour venger son père. Váli, fils d'Odin et de Rindr, est né pour venger Baldr : à une nuit d'âge, sans s'être lavé ni peigné, il tue Höd. Höd, l'aveugle, n'a d'existence que par ce meurtre involontaire ; Snorri dit que les dieux « voudraient bien ne jamais avoir à le nommer ». Bragi, la barbe longue, est le dieu de la poésie et l'époux d'Idunn ; dans l'Eiríksmál, c'est lui qui, au Valhalla, annonce à Odin l'arrivée du roi Eiríkr Hache-de-Sang. Hermod, « le hardi », est le messager qui chevauche neuf nuits vers Hel pour réclamer Baldr. Tous, sauf Bragi et Hermod, survivront au Ragnarök.
Ull, Forseti, Hœnir, Mímir, Kvasir : les dieux qu'on oublie
Ull est le beau-fils de Thor, dieu de l'arc, du ski et du duel, « bon à invoquer en combat singulier » ; les Eddas en disent peu, mais les noms de lieux suédois et norvégiens (Ullevi, Ullensaker, Ulleråker) montrent qu'il fut un grand dieu, et l'Atlakviða jure « par l'anneau d'Ull ». Forseti, fils de Baldr, préside à Glitnir le meilleur tribunal des dieux : quiconque lui soumet un litige repart réconcilié. Hœnir accompagne Odin dans les plus vieux poèmes ; il a donné l'esprit aux deux premiers humains, Ask et Embla, avant d'être livré aux Vanes en otage. Mímir, le plus sage des Ases, décapité par les Vanes, continue de conseiller Odin par sa tête embaumée, et sa source, sous une racine d'Yggdrasil, est celle où le dieu a laissé son œil. Kvasir, enfin, est né de la salive que tous les dieux crachèrent dans une cuve pour sceller leur paix ; deux nains le tuèrent et mêlèrent son sang à du miel : l'hydromel de poésie qu'Odin ira voler. Trois de ces cinq noms sont liés à la guerre des Ases et des Vanes, que nous racontons plus bas.
Les déesses d'Asgard : Frigg, Freyja et les quatorze Asynes
Les déesses (Ásynjur, « Asynes ») sont, dit Snorri, « non moins saintes ni moins puissantes » que les dieux. Deux dominent. Frigg, épouse d'Odin, mère de Baldr, est la première d'entre elles : elle siège à Fensalir, connaît le destin de tous les êtres et n'en dit rien, et c'est elle qui, dans la Völuspá, pleure son fils. Elle a donné son nom au vendredi anglais et scandinave. Freyja, la Vane, est la plus présente dans les mythes : déesse de l'amour et du désir, mais aussi de la magie du seiðr qu'elle enseigna aux Ases, et déesse guerrière qui chevauche au combat et reçoit la moitié des tués dans son champ de Fólkvangr. Elle possède le collier Brísingamen, forgé par quatre nains, un char tiré par deux chats, un manteau de plumes de faucon que Loki lui emprunte sans cesse, et le sanglier Hildisvíni ; elle pleure des larmes d'or en cherchant son époux Óðr, disparu. Les géants la réclament à chaque occasion, en paiement d'un rempart ou d'un marteau, et les dieux refusent chaque fois. Plusieurs historiens pensent que Frigg et Freyja sont deux visages d'une seule déesse germanique ancienne, l'une gardée par les rois, l'autre par le peuple.
Frigg, Freyja et son collier Brísingamen, Idunn et ses pommes : les trois déesses les plus présentes dans les mythes.
Autour d'elles, Snorri aligne douze Asynes moins connues, dont chacune porte un nom transparent, comme des fonctions personnifiées : la guérisseuse, la messagère, celle qui garde la porte, celle qui entend les serments. Voici les quatorze de la Gylfaginning, dans son ordre.
À ces quatorze s'ajoutent des déesses que Snorri classe ailleurs mais que les poèmes connaissent bien : Sif, l'épouse de Thor, dont la chevelure d'or, tondue par Loki et refaite par les nains, fait penser aux blés ; Idunn, qui garde dans son coffret les pommes grâce auxquelles les dieux ne vieillissent pas ; Skadi, la géante chasseresse montée sur ses skis, admise parmi les Asynes par son mariage ; Nanna, la femme de Baldr, qui meurt de chagrin sur son bûcher ; Jörd, la Terre, mère de Thor ; Rindr, mère de Váli ; Sigyn, qui tient la coupe au-dessus de Loki enchaîné ; Gerðr, la géante pour qui Freyr a donné son épée. Et il y a les valkyries, « celles qui choisissent les tués », servantes d'Odin et de Freyja, que les poèmes nomment par dizaines.
La guerre des Ases et des Vanes : comment le panthéon s'est formé
Le panthéon nordique a une histoire, et elle commence par une guerre. La Völuspá (strophes 21-24) la raconte en quelques vers volontairement obscurs. Une femme nommée Gullveig, « Ivresse-d'or », vient chez les Ases ; ils la percent de leurs lances et la brûlent trois fois dans la halle d'Odin, et trois fois elle renaît. Les dieux tiennent conseil : faut-il payer un tribut aux Vanes, dont elle est sans doute l'envoyée, ou partager avec eux le culte des hommes ? Odin tranche en jetant sa lance sur l'armée adverse, « la première guerre du monde ». Les Vanes, « rompus au combat », foulent la plaine et brisent le rempart d'Asgard. La voyante s'arrête là ; c'est Snorri qui donne la suite, dans la Saga des Ynglingar et le Skáldskaparmál.
Lassés d'une guerre sans vainqueur, les deux camps concluent la paix par un échange d'otages. Les Vanes envoient leurs meilleurs : Njörd, son fils Freyr, et le très sage Kvasir. Les Ases donnent Hœnir, grand et beau, qui a tout d'un chef, et Mímir, le plus avisé d'entre eux. Chez les Vanes, Hœnir est fait roi, mais dès que Mímir s'éloigne il ne sait plus que répondre « que d'autres décident » ; les Vanes se croient trompés, décapitent Mímir et renvoient sa tête à Odin, qui l'embaume avec des herbes et des incantations pour qu'elle continue de lui parler. Njörd et Freyr deviennent prêtres des sacrifices à Asgard, et Freyja, venue avec eux, enseigne aux Ases la magie du seiðr. Pour sceller la trêve, tous les dieux crachent dans une cuve ; de cette salive naît Kvasir, si sage qu'aucune question ne le prend en défaut.
La paix des dieux : Njörd et Freyr rejoignent Asgard, Hœnir et Mímir partent chez les Vanes.
Que signifie ce mythe ? Trois lectures se disputent. La plus ancienne y voit le souvenir d'une rencontre entre deux peuples, des envahisseurs indo-européens porteurs de dieux guerriers et des autochtones attachés à des dieux de la terre, qui auraient fini par fusionner leurs cultes. Georges Dumézil y a lu autre chose : le mythe fondateur d'une société complète, où les fonctions de souveraineté et de guerre (les Ases) ne peuvent se passer de la fonction de fécondité (les Vanes), et où la guerre suivie du traité met en place, une fois pour toutes, l'ordre du monde. D'autres enfin y entendent l'écho d'un rite, une bataille simulée entre deux moitiés d'une communauté pour en renforcer l'unité. Ce qui est sûr, c'est ce que le mythe explique : pourquoi des dieux de la fécondité vivent au milieu des dieux de la guerre, pourquoi Odin consulte une tête coupée, et d'où vient la poésie. Notre article sur la famille des géants et des monstres complète ce tableau des puissances qui entourent les dieux.
Où vivent les dieux ? Les demeures d'Asgard selon le Grímnismál
Le Grímnismál, « les Dits de Grímnir », est le poème le plus précieux sur la géographie d'Asgard. Odin, déguisé sous le nom de Grímnir, « le Masqué », est ligoté entre deux feux par le roi Geirröðr qui le prend pour un sorcier ; au bout de huit nuits sans boire, le fils du roi lui tend une corne, et le dieu, pour le remercier, déroule ce qu'il sait : les demeures des dieux, une par strophe, puis le Valhalla, Yggdrasil, ses propres noms. Douze demeures défilent ainsi (strophes 4 à 17), chacune avec un détail concret, un toit d'argent, des piliers d'or, un bruit de vagues, un cadeau de première dent. Nous les avons rassemblées avec les trois grandes halles que d'autres textes ajoutent.
Ce catalogue dit quelque chose des dieux que les récits ne disent pas. Les demeures ne sont pas des palais célestes mais des domaines (land, salir, tún), avec leurs terres et leurs dépendances, comme les grandes fermes d'un chef scandinave, et Snorri décrit Asgard comme un ensemble de halles autour d'un champ, Idavöll, où les dieux jouent au tafl avec des pièces d'or. Les fouilles de Lejre, au Danemark, ou d'Uppåkra, en Suède, ont mis au jour des halles royales de quarante à cinquante mètres de long, aux poteaux massifs, qui sont le modèle réel de Bilskirnir ou de Glaðsheimr. Le Valhalla lui-même, avec son toit de boucliers et ses bancs couverts de cottes de mailles, est décrit dans les strophes suivantes du même poème ; nous lui avons consacré un article complet.
Ce que les Vikings faisaient vraiment pour leurs dieux : temples, blót et amulettes
Le temple d'Uppsala vu par Adam de Brême
Le seul témoignage détaillé sur un sanctuaire scandinave est celui d'Adam de Brême, chanoine allemand qui écrit vers 1075 une histoire des archevêques de Hambourg et y décrit, d'après des voyageurs, le temple d'Uppsala, en Suède, dernier grand bastion du paganisme. Le temple est « tout entier paré d'or » ; une chaîne d'or court sur son toit. À l'intérieur, trois statues sur un triple siège : au centre Thor, « le plus puissant », avec son sceptre, qui commande à l'air, au tonnerre, à la pluie et aux récoltes ; à ses côtés Wodan, c'est-à-dire Odin, en armes, qui conduit les guerres, et Fricco, Freyr, qui donne la paix et le plaisir. À chaque dieu son prêtre ; on sacrifie à Thor contre la famine, à Odin pour la victoire, à Fricco pour les noces. Tous les neuf ans, une fête réunit la Suède entière neuf jours durant : on sacrifie neuf mâles de chaque espèce vivante, hommes compris, et les corps sont pendus dans le bois sacré qui jouxte le temple, où « chaque arbre est tenu pour divin ». Adam ajoute qu'ils « vénèrent aussi des dieux qui furent des hommes », et qu'un immense arbre toujours vert se dresse près d'une source où l'on noie les victimes.
Ce texte est à la fois irremplaçable et suspect. Adam n'est jamais allé à Uppsala, il écrit pour convaincre de la nécessité d'évangéliser, et ses chiffres (neuf, soixante-douze cadavres) sont symboliques. Mais l'archéologie confirme l'essentiel : sous l'église de Gamla Uppsala, on a trouvé les fondations d'un grand bâtiment de bois et une halle de banquet de l'époque viking, et le site est entouré de tertres royaux du VIe siècle. La série Vikings a mis cette scène à l'écran dès sa première saison, avec le pèlerinage de Ragnar et de Floki à Uppsala : c'est l'un des rares épisodes de la série qui suit une source de près.
Le blót : sacrifier, partager, boire
Le rite central se nomme blót, « sacrifice », un mot apparenté au verbe qui a donné l'anglais bless. On tue un animal, cheval, bœuf, porc ou bouc, on recueille son sang dans des bassins et on en asperge les murs du sanctuaire, les statues et les participants avec des rameaux ; la viande bouillie est partagée, et l'on boit, coupe après coupe, à Odin pour la victoire du roi, à Njörd et Freyr pour l'abondance et la paix, puis aux ancêtres. Cette description vient de la Saga de Hákon le Bon, qui montre le jarl Sigurðr de Lade présidant un tel banquet vers 950, et la pierre runique de Stentoften, au VIIe siècle, parle déjà d'une « bonne année » obtenue « avec neuf boucs et neuf étalons ». Les fouilles confirment : à Lejre, les dépôts d'os sacrificiels remontent aux VIe-VIIe siècles ; sous le chœur de l'église de Frösö, en Suède, on a retrouvé la souche d'un bouleau entourée d'ossements d'ours, d'élans, de cochons et de moutons du Xe siècle, un arbre à sacrifices sur lequel on a bâti l'église. Les sacrifices humains, que décrivent Adam de Brême et Thietmar de Mersebourg (quatre-vingt-dix-neuf hommes tous les neuf ans à Lejre, prétend ce dernier), restent exceptionnels dans le sol : quelques squelettes à Tissø ou à Trelleborg, rien de massif.
Le blót : on sacrifie, on asperge, on partage la viande et l'on boit à Odin, à Njörd et à Freyr.
Le marteau au cou : les amulettes de Thor
Le geste le plus courant, et le mieux attesté, est de porter le marteau de Thor. Plusieurs centaines de petits Mjöllnir d'argent, de bronze, de fer ou d'ambre ont été retrouvés dans toute la Scandinavie, en Angleterre, en Russie et jusqu'en Islande, dans des tombes et des trésors des IXe-XIe siècles. Le doute sur leur sens a été levé en 2014 par un marteau de Købelev, au Danemark, qui porte l'inscription runique hmar x is, « ceci est un marteau ». On les portait au cou, seuls ou en série sur un anneau, et leur multiplication au Xe siècle, au moment où les croix se répandaient, ressemble à une réponse : au chrétien sa croix, au fidèle de Thor son marteau. Des moules de Trendgården, au Danemark, servaient d'ailleurs à couler les deux. Les pierres runiques demandent au dieu de « consacrer ces runes » ou « ce tertre », comme celle de Glavendrup, vers 900, et notre guide du collier Mjölnir revient sur les formes de ces pendentifs.
Figurines, noms de lieux et prénoms
Les dieux eux-mêmes ont laissé peu d'images. Trois figurines minuscules sont célèbres, et toutes trois discutées. À Rällinge, en Suède, un homme de bronze de sept centimètres, assis en tailleur, bonnet pointu, barbe empoignée et membre dressé, vers l'an 1000 : on y voit Freyr, à cause d'Adam de Brême, mais rien ne le prouve. À Eyrarland, en Islande, un homme assis serre des deux mains un objet en forme de marteau à croix : Thor, ou une pièce de jeu. À Lejre, une figurine d'argent de dix-huit millimètres, trouvée en 2009, montre un personnage sur un trône flanqué de deux oiseaux et de deux têtes de bêtes : Odin sur Hliðskjálf avec ses corbeaux et ses loups, ont dit les fouilleurs, sauf que le personnage porte une robe et quatre colliers, et pourrait être Frigg ou Freyja. Les sagas parlent de telles statuettes de poche, gardées dans une bourse et honorées en secret après la conversion.
Les noms de lieux sont plus parlants que les objets. Odense, au Danemark, est Óðinsvé, « le sanctuaire d'Odin » ; Tórshavn, capitale des îles Féroé, est « le port de Thor » ; Frösön, en Suède, « l'île de Freyr » ; Ullevi, le grand stade de Göteborg, garde le nom d'un sanctuaire d'Ull ; Torslunda, Onsala, Frölunda, Njarðarlög disent à qui l'on sacrifiait dans chaque vallée, et leur carte montre un Odin plutôt danois et suédois, un Thor partout, un Ull et un Freyr très présents en Suède et en Norvège. Les prénoms enfin : dans le Livre de la colonisation de l'Islande, près d'un quart des colons portent un nom en Þór-, Þórólfr, Þorsteinn, Þorgerðr, Þórdís, et personne ne s'appelle Odin. Notre liste des prénoms vikings détaille ces noms théophores, et le guide des symboles vikings explique ceux qu'on gravait pour les dieux.
Mardi, jeudi, vendredi : les dieux nordiques dans le calendrier
Il reste une trace des dieux nordiques que chacun prononce plusieurs fois par semaine. Quand les peuples germaniques adoptèrent, entre le IIIe et le VIe siècle, la semaine romaine de sept jours nommés d'après les planètes et leurs dieux, ils remplacèrent chaque dieu romain par le leur, terme à terme. Mars, dieu de la guerre, devint Týr ; Mercure, le voyageur qui conduit les âmes, devint Odin ; Jupiter, maître de la foudre, devint Thor ; Vénus devint Frigg. Seul Saturne n'avait pas d'équivalent et resta lui-même dans le Saturday anglais. Le français a gardé les dieux romains, l'anglais et les langues scandinaves les dieux nordiques : mardi et Tuesday sont le même jour, dédié au même dieu de la guerre sous deux noms.
L'Islande fait exception : convertie en l'an 1000, elle a effacé les dieux de sa semaine au XIIe siècle, et dit « troisième jour » (þriðjudagur), « milieu de semaine » (miðvikudagur), « cinquième jour », « jour du jeûne ». Les évêques islandais avaient compris ce que ces noms voulaient dire. Ailleurs, personne n'y a touché, et le jeudi de Londres comme celui d'Oslo appartient toujours à Thor.
Le Ragnarök : quels dieux meurent, quels dieux survivent
Les dieux nordiques ne sont pas immortels. Ils ne vieillissent pas grâce aux pommes d'Idunn, mais ils savent, par les prophéties de la voyante et de Mímir, qu'ils périront au Ragnarök, « la consommation du destin des Puissances ». Après trois hivers sans été, les loups avalent le Soleil et la Lune, Fenrir rompt sa chaîne, le serpent sort de la mer, Loki se libère et mène le navire des morts, Surtr et les fils de Muspell franchissent Bifröst qui s'effondre. Heimdall sonne le cor, Odin consulte une dernière fois la tête de Mímir, et les dieux, avec les Einherjar du Valhalla, marchent sur la plaine de Vígríðr. Chaque grand dieu y a son adversaire désigné, et presque tous y meurent.
Vidar venge Odin : le dieu silencieux bloque la mâchoire de Fenrir de sa chaussure et le tue (Gylfaginning 51).
Puis la terre sombre dans la mer et ressort, verte, lavée. La Völuspá voit les Ases survivants se retrouver sur Idavöll, évoquer « le grand serpent » et « les anciennes runes », et retrouver dans l'herbe les pièces d'or de leur jeu de tafl. Les champs poussent sans semence, Baldr et Höd reviennent réconciliés, un couple humain sort du bois, et la fille du Soleil reprend la route de sa mère. Le Ragnarök est donc aussi un récit de succession : les pères meurent, les fils héritent, Modi et Magni reçoivent Mjöllnir, Vidar et Váli les sanctuaires. Beaucoup d'historiens notent que cette fin suivie d'un renouveau, écrite en Islande vers l'an 1000 par un auteur qui connaissait l'Apocalypse, doit peut-être quelque chose au christianisme ; d'autres rappellent que la foulée cosmique de Vidar et l'hiver de trois ans ont des parallèles iraniens et indiens bien plus anciens. Ce que le mythe dit des dieux, en tout cas, est net : leur pouvoir n'est pas la toute-puissance, c'est le courage de tenir un poste jusqu'au bout, en sachant l'issue.
Marvel, God of War, Vikings : ce que la culture populaire a changé
Pour la plupart des gens, Thor a le visage de Chris Hemsworth et Loki celui de Tom Hiddleston, et il n'y a pas de mal à cela : les comics de Stan Lee et Jack Kirby, depuis 1962, ont fait plus pour la notoriété des dieux nordiques que trois siècles d'érudition. Mais il faut savoir ce qui a été réécrit. Chez Marvel, Loki est le frère adoptif de Thor ; dans les textes, il est le frère de sang d'Odin, donc de la génération du père. Hela y est la fille d'Odin et la sœur aînée de Thor ; Hel est la fille de Loki, et elle ne combat pas. Odin y est un roi vieillissant et bienveillant ; celui des Eddas est un dieu borgne et retors qui trahit ses favoris pour peupler son armée. Asgard y est une cité de tours dorées dans l'espace ; c'est un enclos de halles de bois sur un champ. Et le Thor blond des films n'est pas une invention totale : les sagas norvégiennes lui donnent une barbe rousse, mais le prologue de Snorri, qui fait de lui un prince de Troie, lui donne des cheveux blonds.
God of War (2018) et God of War Ragnarök (2022) ont pris d'autres libertés, souvent plus savantes. Le jeu fait de Freya la mère de Baldur et l'ancienne épouse d'Odin, c'est-à-dire qu'il fusionne Freyja et Frigg, exactement ce que certains philologues supposent pour l'origine des deux déesses ; sa tête de Mímir qui parle est fidèle à l'Ynglinga saga ; son Thor brutal et son Odin manipulateur sont plus proches des poèmes que ceux de Marvel. La série Vikings a choisi une autre voie, celle des visions : Odin y apparaît aux mourants, Floki lui parle, et l'épisode d'Uppsala reconstitue le sacrifice des neuf ans d'après Adam de Brême. Assassin's Creed Valhalla fait visiter Asgard et Jötunheim en rêve, avec un panthéon assez bien renseigné. Ces œuvres sont de bonnes portes d'entrée ; le tableau de cet article dit ce qui les attend derrière.
D'où sait-on tout cela ? Les sources et leurs limites
La question mérite d'être posée franchement, parce que la réponse change la lecture de tout ce qui précède : aucun Viking n'a écrit un traité sur ses dieux. Les Scandinaves de l'époque païenne gravaient des runes, courtes, sur des pierres et des objets, et transmettaient leurs poèmes de mémoire. Tout ce qui est long et suivi a été écrit après la conversion, en Islande surtout, par des hommes qui avaient reçu une formation cléricale et qui aimaient ces histoires sans y croire. Snorri Sturluson, chef politique islandais assassiné en 1241, est le plus grand d'entre eux : il avait donné le nom de Valhöll à son campement du parlement de Þingvellir, et il a sauvé, classé et complété une matière qui serait perdue sans lui. Mais il classe en lettré chrétien, en douze Ases et quatorze déesses, avec des origines troyennes et une morale, et il écrit deux siècles après la fin du culte.
Comment lire ces sources sans naïveté ? En les croisant. Quand un poème du Xe siècle, un chroniqueur allemand du XIe et un pendentif du IXe disent la même chose, comme pour Thor et son marteau, on tient un fait solide. Quand seul Snorri parle, comme pour les quatorze Asynes ou la naissance de Kvasir, on tient une tradition tardive, peut-être arrangée. Quand seul Saxo parle, on tient une légende de cour. Et quand les noms de lieux et les prénoms se mettent de la partie, on voit apparaître une religion très différente des livres : un Thor omniprésent, un Freyr et un Ull importants en Suède et en Norvège, un Odin de chefs et de poètes, et des dizaines de dieux mineurs dont il ne reste que les noms. C'est aussi pour cela que nos statues des dieux nordiques suivent les attributs des textes, le marteau, la lance, le collier, la main manquante : ce sont les seuls portraits qui nous soient parvenus.
Questions fréquentes sur les dieux nordiques
Combien y a-t-il de dieux nordiques ?
Il n'existe pas de nombre officiel : Snorri Sturluson compte douze Ases autour d'Odin et quatorze déesses, mais les sources nomment une cinquantaine de figures divines, Vanes compris. Les poèmes de l'Edda ajoutent Hœnir, Mímir, Kvasir, Sif, Skadi, Idunn, Magni, Modi et des dizaines de valkyries. Le panthéon n'a jamais été fermé ni le même d'une région à l'autre.
Qui est le dieu le plus puissant de la mythologie nordique ?
Odin est le chef des dieux, mais Thor est le plus fort et le plus vénéré : Adam de Brême le place au centre du temple d'Uppsala et le dit « le plus puissant ». Odin commande, choisit les vainqueurs et détient le savoir ; Thor tient les géants à distance avec Mjöllnir. Après le Ragnarök, c'est aux fils de Thor que revient le marteau.
Quelle est la différence entre les Ases et les Vanes ?
Les Ases (Odin, Thor, Týr, Heimdall, Baldr) sont les dieux de la souveraineté, de la guerre, du droit et de la magie ; les Vanes (Njörd, Freyr, Freyja) sont ceux de la fécondité, de la mer et de la richesse. Une guerre les a opposés, puis un échange d'otages les a réunis à Asgard, où les trois Vanes vivent depuis.
Qui est le chef des dieux d'Asgard ?
Odin, appelé Alföðr, « Père de tout », est le chef des Ases : il siège sur le haut-siège Hliðskjálf d'où il voit tous les mondes, règne sur le Valhalla et décide de l'issue des batailles. Il est le père de Thor, Baldr, Höd, Vidar et Váli, et l'époux de Frigg, première des déesses.
Quels dieux nordiques survivent au Ragnarök ?
Vidar, Váli, Modi et Magni survivent, et Baldr et Höd reviennent du royaume de Hel. Odin, Thor, Freyr, Týr, Heimdall et Loki meurent dans la bataille. Hœnir survit aussi selon la Völuspá, et un couple humain, Líf et Lífþrasir, repeuple la terre nouvelle.
Loki est-il un dieu ou un géant ?
Loki est né géant, fils de Fárbauti et de Laufey, et il n'est compté parmi les Ases que parce qu'il a mêlé son sang à celui d'Odin, comme il le rappelle dans la Lokasenna. Il vit à Asgard, épouse la déesse Sigyn, puis se retourne contre les dieux après le meurtre de Baldr et mène contre eux l'armée des morts au Ragnarök.
Où se trouve Asgard ?
Asgard, « l'enclos des Ases », est le monde des dieux, l'un des neuf mondes portés par le frêne Yggdrasil, relié à Midgard, le monde des hommes, par le pont Bifröst. Snorri le situe au ciel, et son prologue l'assimile à Troie ; les poèmes le décrivent comme un ensemble de halles et de domaines autour du champ d'Idavöll.
Quel dieu les Vikings vénéraient-ils le plus ?
Thor : les amulettes en forme de marteau, les noms de lieux et les prénoms en Þór- sont de loin les plus nombreux, et Adam de Brême le place au centre du temple d'Uppsala. Odin était surtout le dieu des chefs, des guerriers d'élite et des poètes ; Freyr et Ull comptaient beaucoup en Suède et en Norvège, comme le montrent les noms de sanctuaires.
Quels jours de la semaine viennent des dieux nordiques ?
En anglais et dans les langues scandinaves, mardi, mercredi, jeudi et vendredi portent les noms de Týr, Odin, Thor et Frigg : Tuesday, Wednesday, Thursday, Friday, ou tirsdag, onsdag, torsdag, fredag. Les peuples germaniques ont remplacé Mars, Mercure, Jupiter et Vénus par leurs propres dieux ; le français a gardé les dieux romains.
Qui est la déesse la plus importante du panthéon nordique ?
Frigg, épouse d'Odin et mère de Baldr, est la première des déesses selon Snorri ; Freyja, la Vane, est la plus présente dans les mythes et la plus vénérée, déesse de l'amour, de la magie et de la moitié des morts au combat. Plusieurs historiens pensent qu'elles sont deux visages d'une seule déesse ancienne.
Thor et Loki sont-ils frères ?
Thor et Loki ne sont pas frères dans les sources : Loki est le frère de sang d'Odin, donc de la génération du père de Thor, et il est né de deux géants. La fraternité adoptive vient des comics Marvel, tout comme Hela présentée en fille d'Odin, alors que Hel est la fille de Loki.
Les Vikings croyaient-ils vraiment à ces dieux ?
Oui : le culte est attesté par les sacrifices du blót, le temple d'Uppsala décrit vers 1075, les centaines de marteaux-amulettes, les figurines et les serments prêtés sur l'anneau du temple. La conversion s'est faite entre 965 (Danemark) et le XIIe siècle (Suède), l'Islande adoptant le christianisme en l'an 1000 tout en tolérant les sacrifices en privé.
« Alors tous les Puissants allèrent aux sièges du jugement, les dieux très saints, et tinrent conseil : les Ases devaient-ils payer tribut, ou tous les dieux avoir part au culte ? »
— Völuspá, strophe 23 (Edda poétique)
Que les Ases vous guident sur le chemin de l'honneur.
👉 Les dieux de cette liste ont leur portrait dans notre rayon des statues vikings, et leur marteau, leur lance et leurs loups dans nos colliers viking.
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- Thor : Dieu du Tonnerre et Maître de Mjölnir
- Loki : Le Dieu de la Malice dans la Mythologie Nordique
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